Extrait de la revue CLÉS – Trouver du sens Retrouver du temps – Avril Mai 2013

« Vivre libre comme le vent avec LAO ZI »

« (…) Des bibliothèques entières sont consacrées au taoïsme, mais on pourrait en condenser l’esprit en une phrase: vivre comme le vent. Il faudrait devenir faible et invisible comme le vent, qui est pourtant capable d’éroder les montagnes comme de renverser les arbres. Vivre comme le vent, ce serait aussi agir comme il souffle: sans intention, sans plan, sans but – devenir un mouvement imprévisible et invisible, mais incessant, inépuisable, immortel. Et comme le vent n’a pas de bord, de limite ni de contour, les mots ne peuvent jamais vraiment l’enfermer ni le décrire.

Le principe le plus puissant n’est pas dans la force qui s’impose. Il réside dans ce qui est le plus faible (souffle du vent, goutte d’eau, nouveau-né), dans ce qui se tient au plus bas. L’action la plus efficace ne consiste pas à concrétiser un projet préétabli en maîtrisant tout ce qui se présente. Au contraire, paradoxalement, c’est en se retirant, en s’abstenant, qu’à terme on agit le plus puissamment. Il faut d’abord accepter de laisser faire la nature, le vent et l’eau, tous les processus à la fois infimes et surpuissants. Tel est le point de départ, celui où « les paroles vraies semblent être des paradoxes ». (…) »